Cette petite église situé au coeur de Château-Lambert est, à 680 mètres d'altitude, le premier édifice religieux de la Vallée de l'Ognon.
À l’origine, il y avait à cet emplacement une petite chapelle dédiée à Sainte Barbe, la patronne des mineurs. Elle fut remplacée en 1616 par l’église actuelle qui prit le titre de la paroisse-mère de Servance : Notre-Dame de l’Assomption.
L’Infante Isabelle et son mari l’Archiduc Albert l’enrichissent et s’engagent, en 1617, à pourvoir à toutes les réparations et à l’entretien du chapelain.
Paroisse en 1642, elle portait le nom de « Cure royale » et le curé celui de « Chapelain royal de la cour d’Espagne » qui avait le droit de dire la messe chaussé de bottes à éperons et portant armes au côté.
Au dessus de la porte, on a repeint l’antique dédicace « Érigée aux frais des rois d’Espagne ». En effet, à cette époque, le village était sous domination espagnole comme toute la Franche Comté.
Ce petit édifice, bien proportionné, est couronné d’un clocher carré à « toit bulbeux à la base » et d’un pavillon à 8 pans.
Le portail en plein cintre mouluré porte l’inscription « 666 1616 PM ». Ce sont les initiales de Philippe III d’Espagne.
L’intérieur offre une nef unique rectangulaire éclairée par quatre baies en plein cintre, avec un chevet plat aveugle. des piliers massifs en bois supportent la charpente qui était apparente à l’époque et qui est aujourd’hui obturée par un plafond.
On y découvre un riche mobilier, le maître autel, le retable central, la chaire du 17ème siècle, une imposante Statue de «Notre Dame des Sept Douleurs» datant de 1839, ou encore la statue de Sainte Barbe (patronne des mineurs) ou de Saint Antoine (protecteur des paturages et des troupeaux).
Une Cloche date de 1742 et porte l’inscription : « J’ay eust pour parrain messyre Estienne Laloz curé de Château-Lambert dépendant de la nomination du roy, pour marraine Dame Jeanne Françoise de Pointes, dame de Servance. Ma soeur (fondue à la révolution) et moi, par notre son, donnons la terreur au démon ». Une deuxième cloche a depuis remplacé celle disparue.
À l’ombre de l’église s’alignent les modestes tombes des Chaitelots autour d'une croix de fonte datant de 1743 portant les initiales L.R, l’une des rares croix ayant conservé des fleurs de lys.
En contrebas, on y trouve un petit Oratoire dédié à Saint-Antoine, avec la statue du saint et son cochon. Enfin, sous l'église on trouve l'entrée (fermée au public) de l'ancienne mine classée Monuments Historiques depuis 1981, qui est maintenant un refuge protégé pour les chauve souris.